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Tout le monde a vu au moins une fois dans sa vie Traitement de Choc, le film le plus célèbre d’Alain Jessua. Tout le monde connait l’anecdote qui veut qu’Annie Girardot ait réellement été corrigée dans l’une des scènes par Alain Delon, “par amitié” pour son pote Renato Salvatori, le mari de l’actrice, que cette dernière trompait alors avec Bernard Fresson. Tout le monde y a aussi découvert pour la première fois la teub de Delon dans la mythique scène nudiste.
Pour ce Traitement de Choc, plus “Ballard” tu meurs, le réalisateur a aussi co-signé un soundtrack remarquable en (presque) total décalage avec le film, sorte de bossa nova afro qui reste longtemps en tête après la vision du film et qui participe aussi grandement à sa réussite.
René Koering & Alain Jessua : Traitement de Choc (CAM, 1992)
Évidemment, avec un titre pareil, ce film était fait pour moi ! Si on ajoute à cela un Terence Stamp dans le rôle principal du butterfly collector, une jolie rousse et un sublime thème principal signé Maurice Jarre, comment résister ? Et puis j’ai une affection toute particulière pour ce cinéma hollywoodien académique qui s’aventure du côté obscur.
“A rare collector’s item” !
(Merci à Sevenko du Ciné Club de l’Antre pour le partage)
Il y a quelques temps de ça, Vidal me demandait si la bo de Shining était disponible. Et bien, bizarrement, non ! Ce qui reste à ce jour l’une des meilleures musiques de films, l’une des plus anxiogènes aussi, n’a jamais été rééditée (officiellement tout du moins, il existe quelques bootlegs japonais !) depuis sa sortie en 1980.
Pour beaucoup, j’imagine, ce score a été la porte d’entrée dans, attention frisson d’horreur, la Musique Contemporaine (je mets des majuscules, tellement ce truc parait imposant !).
Pour la petite histoire, Kubrick avait commandé une partition complète à Wendy Carlos, avec qui il avait déjà collaboré 9 ans auparavant pour Orange Mécanique, mais, au final, ce salopard n’en conservera qu’une dizaine de minutes, dont une partie pour illustrer la mythique bande annonce, sympa ! Heureusement, Wendy Carlos a eu la bonne idée en 2005 d’éditer elle-même ce lost score.
The Shining Original Soundtrack (Warner Bros, 1980)
Et pour conclure cette soirée Rétromania, le “nouveau” de Roubaix, véritable ode aux synthés, EMS tout particulièrement !
François de Roubaix : À Vous De Jouer Milord (Music Box, 2012)
Vous me direz quel soundtrack vous préférez : celui d’Edward Artemyev, celui de Cliff Martinez ou celui de Ben Frost & Daniel Bjarnason ?
(Merci à Fred !)
Edward Artemyev : Solaris (Bootleg) – Solaris, The Mirror, Stalker (Torso Kino, 1990)
Cliff Martinez : Solaris (Edel, 2003)
Ben Frost & Daniel Bjarnason : Solaris (Bedroom Community, 2011)
Sans aucune hésitation, mon film de l’année pour la simple et bonne raison que Drive est un pur film de mec que votre meuf pour une fois adorera.
Ma préférence va à la première moitié du film, la partie romantique, qui est tout simplement à tomber (la scène du pique-nique !) avec son imposante mise en scène aussi épurée que stylisée, sa tonalité kodachrome qui nous donne l’impression que les personnages évoluent dans un livre d’Eggleston et sa partition ambient, signée Cliff Martinez (on lui doit déjà l’inégalable partition du Solaris de Soderbergh), timidement omniprésente.
La deuxième moitié est plus attendue, marteau contre scalpel, mais sacrément jouissive.
Et puis, évidemment, il y a Ryan Gosling, Steve McQueen 2.0 qui enlumine le film, transformé en icône par Nicolas Winding Refn simplement à l’aide d’un blouson (et quel blouson !) et d’une paire de mitaines en cuir (à mettre dans la poche arrière du jean’s).
Ou comment faire d’un film de commande un chef-d’oeuvre, sans compromis et accessible à tous (“Si votre film plait à tout le monde, c’est qu’il est raté” dixit NWR).
Après la salve de rééditions par Stéphane Lerouge via sa collection J’écoute Le Cinéma, je pensais avoir fait le tour de François de Roubaix, et voilà que sortent coup sur coup 2 disques totalement inédits.
Le premier est disponible uniquement en vinyle et nous vient tout droit de Belgique. Il compile les musiques composées pour des courts métrages, couvrant les années 1963-1973, la part belle étant consacrée à sa période la plus créative 68-70. Loin des fonds de tiroirs, Les Courts Métrages est tout bonnement indispensable à l’amateur de musique de films.
Le second disque sort lui en CD sur un label français indépendant “dédié aux bandes originales de films” et relève davantage de la pièce de musée puisqu’il nous offre les premières musiques de François de Roubaix composées pour le grand écran, Les Strip-Teaseuses en 1964, Les Combinards en 1965 et Comment Les Séduire en 1967. Cette réédition s’adresse donc davantage aux fans hardcore, le style De Roubaix pointant discrètement son nez uniquement dans la partition la plus tardive.
François de Roubaix : Les Courts Métrages (WÉMÈ Records, 2011) /Comment Les Séduire, Les Strip-Teaseuses & Les Combinards (Music Box, 2011)
Enfant, j’adorais les films policiers avec Alain Delon parce qu’à la fin ses personnages finissaient quasiment toujours par mourir ! A l’époque, je ne savais pas que ce rituel avait débuté dès 1964. En préambule, je tiens aussi à préciser que, pour moi, le Alain Delon des sixties est de loin le plus beau gosse du cinéma et je vous emmerde !
Nous sommes quelques-uns à le savoir mais il est toujours bon de le rappeler : Alain Cavalier n’a pas attendu l’invention de la DV pour être ce cinéaste génialement atypique, preuve en est avec son deuxième film.
L’Insoumis débute comme un polar politique en Algérie, du côté OAS, juste après le Putsch des Généraux, vire au film d’amour passionnel et se termine dans une ferme au Luxembourg. Alain Cavalier ne fait rien pour séduire son public, et d’autant plus son public de l’époque : le personnage principal est antipathique (par la grâce de Cavalier, ce légionnaire déserteur finira néanmoins par émouvoir le spectateur), et le cadre de l’histoire s’inscrit dans une actualité des plus controversées (et non ! Le Petit Soldat de Godard n’est pas le seul film français de l’époque à aborder frontalement la Guerre d’Algérie !).
Ce qui frappe aussi, c’est cette approche déjà très intériorisée, intimiste, des personnages et de leur psychologie, une approche qui deviendra un peu la marque du réalisateur. Et puis il y a cette magnifique partition de Georges Delerue aussi émouvante que discrète : “Avec Georges Delerue, nous avons décidé de ne commencer à entendre l’orchestre qu’après 50 minutes de film. Au moment où le héros comprend qu’il peut mourir. Cette entrée tardive, je me souviens, était si réussie que le spectateur n’était pas surpris mais simplement pris par la main pour aller ailleurs, vers un pays plus vaste que l’image” (Alain Cavalier interviewé par Stéphane Lerouge dans le CD Le Mépris de la collection Ecoutez le Cinéma)
Comme avec son premier film, Le Combat dans l’île, qui prend aussi pour cadre l’OAS, Alain Cavalier fait évidemment un bide avec L’Insoumis. Il connait un tout petit peu plus de succès avec les 2 suivants, Mise à Sac (pas vu !) en 1967 et La Chamade (sublime !) en 1968. Un début de reconnaissance qui ne l’empêcha pas de s’éclipser 8 années, avant de revenir avec le génial Le Plein de Super en 1976.
Alain Cavalier méritait amplement la gloire que connurent ses pairs de la Nouvelle Vague mais l’histoire en décida autrement. Collaborer avec Delon, Deneuve ou Delerue n’y changea malheureusement rien.
Et sinon qui n’a pas encore vu Pater ?
J’ai toujours été fasciné par les films qui s’ouvrent par une longue séquence sans aucun dialogue. Dans le cas présent, il faut attendre 9 minutes et 32 secondes pour entendre un “descend, grouille-toi !”
Une première scène muette où l’on passe violemment du Paradis, le calme d’une ballade sur la mer des Caraïbes, à l’Enfer, le bruit du crissement des pneus sur le bitume (vous pouvez remballer votre Bullit !). Après avoir réalisé successivement Colorado en 1966, Le Dernier Face à Face en 1967 et Saludos Hombre en 1968, Sergio Sollima, dans cette séquence mythique qui se clôt par un gunfigth sur la place d’un village, passe en douceur du western au polar.
La Cité de la Violence offre à Charles Bronson son plus beau rôle, jouant parfaitement du contraste entre son physique acéré et son jeu rentré, sorte de Samouraï Melvillien, à la fois dur et fragile.
Città Violenta se démarque aussi radicalement de la vague des polars bis italien par sa mélancolie prégnante, voire son Romantisme, et son audace formelle, avec ses scènes étirées jusqu’à l’épuisement et une séquence finale d’anthologie au montage sublime qui décuple la puissance émotive de la scène.
Une fois encore, comme dans ses précédents westerns ou son futur Revolver, Sollima ne peut s’empêcher ici de nous faire part de ses penchants gaucho-anar populistes, tendance générale dans le cinoche italien de l’époque.
An absolut classic masterpiece.
Un chef d’oeuvre qui méritait bien évidemment l’une des partitions d’Ennio Morricone qui enlumine le mieux les images d’un film :
Des 3 Sergio, Leone et Corbucci (Sergio Tacchini étant hors catégorie), Sollima est injustement le moins célèbre bien qu’il ait réalisé au moins 4 chefs d’oeuvres incontournables : 2 westerns rivalisant sans conteste avec les meilleurs Leone, Colorado et Le Dernier Face à Face, et 2 polars, La Cité de la Violence et ce Revolver (on oublie direct le titre français, hein !).
Bien plus qu’un énième poliziottesco des 70′s, Revolver est un beau film sur l’amitié, “le Bien et le Mal”, où les “good guys” font plus de dommages que les “bad guys”, pour reprendre les propos de Sollima.
Comme souvent chez ce réalisateur, le film vire dans son dernier quart d’heure au brûlot nihilo-gauchiste aussi jubilatoire que bourrin : “la société a plusieurs manières de protéger ses intérêts : le bulletin de vote, par exemple, ou bien le revolver” entend-on de la bouche d’un notable !
Le soundtack signé Morricone est bien sûr une petite perle avec son inoubliable titre d’ouverture chanté par Daniel Beretta, Un Amico.
Pour la petite histoire, Johnny Hallyday aurait refusé le rôle du chanteur joué par Daniel Berretta lui-même.
‘N’y a pas que Tomboy dans la vie !
Pour la petite histoire, j’ai sûrement vu Le Fils du Requin dans la même salle que Céline Sciamma puisque, comme moi, elle fréquentait assidûment, à l’époque de la sortie de ce film, l’Utopia de Pontoise.
Voilà encore un film honteusement sous estimé, voire oublié, malgré les bons échos critiques à sa sortie. La réalisatrice n’a d’ailleurs pas bénéficié de l’engouement pour la nouvelle Nouvelle Vague du cinéma français d’alors, avec les Arnaud Desplechin, Laurence Ferreira Barbosa, Cédric Khan and co. Pour preuve, Agnès Merlet n’a réalisé que 2 autres films, Artemisia et Dorothy depuis.Notons qu’elle aura perdu 5 années à tenter de mettre sur pieds un slasher dans le milieu des Beaux Arts, projet qui ne trouvera finalement jamais de financement : “ le discours sur la violence était trop nihiliste pour le marché français…” d’après elle, dommage, j’aurai bien aimé voir ça.
Le Fils du Requin est inspiré d’un fait divers rapporté dans Libé le 18 décembre 1987 sous le titre Jimmy et Johan, graine de violence, qui décrivait l’errance de deux enfants dans une bourgade aux alentours de Rouen. A la fois âpre et onirique, le film est marqué du sceau de Lautréamont avec la phrase “si cela avait pu dépendre de ma volonté, j’aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin … je ne serais pas si méchant” répétée tout au long comme un refrain par l’un des deux gamins .
Comme tout premier film, Le Fils du Requin n’est pas exempt de défauts comme cette tendance un peu pataude à virer à tout prix au poème social, surlignée par une partition parfois un peu trop sentimentale de Bruno Coulais (Les Choristes, Microcosmos et autres perles!), qui signait ici l’une de ses premières BO.
Malgré cela, le film reste aujourd’hui un premier essai bien singulier et mérite vraiment d’être redécouvert.
Avec le recul, aujourd’hui, une question me turlupine : est-ce que l’esthétique très ciné bis 80′s post-apocalyptique est volontaire de la part de la réalisatrice, étant donné son goût pour le cinéma de genre ?
Malgré son penchant pour le sentimentalisme, la BO de Bruno Coulais est une incontestable réussite, tant elle marque Le Fils du Requin et en est indissociable. L’ouverture du film par ces Harmoniques, enchainées à la fameuse chanson Nathalie Elle est Jolie, reste gravée pour longtemps dans la mémoire du spectateur.
Par ailleurs, vous ne serez pas surpris si je vous dit que ce soundtrack est épuisé depuis belle lurette et qu’il vaut aujourd’hui le prix d’un rein !
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Uty2cPzQvJA
Dieu existerait donc et Il me voudrait du bien.
Hier, dans le bac d’un disquaire d’occase dans lequel je ne rentre d’habitude jamais, j’ai trouvé pour quelques malheureux euros ce CD du somptueux soundtrack de Full Circle, dont je vous parlais il y a quelques jours !
Epuisé et coûtant une petite fortune sur le net, je vous ai donc fait un nouveau zip du disque, de meilleure qualité (320 kbps) et incluant les 4 titres en suppléments du score, les 3 mouvements de Trumpet Concerto for String orchestra et 1930 Cityscape.
Colin Towns : Full Circle (Koch Screen, 1995)




































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