Archive de Tag pour ‘Giallo’.
L’original de 1971 (La Tarentule au Ventre Noir de Paolo Cavara)
Le remix de 2010 (Amer d’Hélène Cattet et Bruno Forzani)
Mais, bon Dieu ! Pourquoi avoir préféré rebaptiser ce giallo Torso plutôt que de traduire mot à mot son titre original, Les Corps Présentent des Traces de Violences Charnelles ?
Torso est tout simplement la matrice des futurs slashers avec son tueur psychosexuel masqué qui découpe des petites étudiantes en mini jupes parties en week-end à la campagne. En épurant sa trame “giallesque”, le très coquin Sergio Martino signe un film plus frontal que son Lo Strano Vizio della Signora Wardh mais, revers de la médaille, nettement moins tordu .
Le soundtrack signé des frères De Angelis est de bonne facture, de trop bonne facture, il manque de ce je-ne-sais-quoi qui ferait la différence.
Se mater Amer c’est un peu comme s’enfiler en un seul shoot tous les Gialli transalpins existants !
Hélène Cattet et Bruno Forzani sursaturent leur premier film de codes propre au Giallo, tant dans l’imagerie fétichiste (gants de cuir, rasoir, femme fatale…) que dans l’ultra-stylisation de la mise en scène, jusqu’à l’écoeurement pour aboutir finalement à un résultat fascinant et proche de l’expérimental.
Cet exercice de style pourrait être autant indigent qu’indigeste dans sa geste référentielle ( Suspiria, Le Venin de la Peur, L’étrange Vice de Madame Wardh… la liste est trop longue pour être dréssée) mais se révèle étonnamment personnel. Les réalisateurs ont pour cela fait le choix de laisser de côté toute trame policière pour se concentrer sur 3 instants de la vie de leur héroïne, enfant, adolescente et adulte, où elle doit se confronter à ses peurs toutes liées à la sexualité, sa découverte, son désir naissant et ses fantasmes morbides. Amer est bien une enquête mais une enquête charnelle sur la psyché d’Anna.
Choc rétinien hallucinant, Amer bénéficie en plus d’un énorme travail sur le son pour finir d’en faire une expérience purement sensorielle rare.
Pour le soundtrack, les deux réalisateurs ont choisi de rendre hommage à la musique de l’époque en choisissant des titres d’ Ennio Morricone, Bruno Nicolai, Stelvio Cipriani et Adriano Celentano.
Hélène Cattet & Bruno Forzani : Amer (Wildside, 2010)
En 1971, avec la sortie de Una Lucertola con la Pelle di Donna (le titre original), Lucio Fulci connut déjà de sérieux problèmes avec la censure italienne qui l’accusa d’avoir torturé de vrais animaux dans la fameuse scène des chiens éviscérés dans le laboratoire. Pour prouver son innocence, Carlo Rambaldi, chargé des effets spéciaux, sera contraint de reproduire les maquillages devant le tribunal.
Sorti en France sous le titre de Carole en 1971, ce film connaîtra 2 autres sorties en 1976, l’une sous le titre du Venin de la Peur pour le circuit normal et l’autre sous le titre Les Salopes Vont en Enfer pour le circuit… je vous laisse deviner ! Cette dernière version comprenant des inserts pornos ! Des K7 VHS auraient été commercialisées au début des années 80, avis aux amateurs !
Tout ça pour vous dire que ce giallo première période mérite bien son statut de film culte. Comme beaucoup d’entre nous, j’imagine, j’ai découvert ce film il y a une quinzaine d’année quand on s’est soudainement plonger dans les profondeurs abyssales de la discographie de Morricone. La partition composée pour Una Lucertola con la Pelle di Donna est considérée, à juste titre, comme l’une de ses plus abouties, alliant à merveille mélodies et dissonances, cordes et synthés (on est en 71 !).
Lucio Fulci signe ici un film à la fois très personnel et très audacieux tant dans la forme (split screen, gros plans, angles distordus…) que dans le fond (les fantasmes saphiques d’une bourgeoise qui s’ennuie sévère dans son bel appartement !). Il mêle ainsi d’une main de maître onirisme (les 20 premières minutes sont tout bonnement hallucinantes !), érotisme et meurtres, le tout avec un goût déjà prononcé pour les ambiances sérieusement morbides.




























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