Tout le monde a vu au moins une fois dans sa vie Traitement de Choc, le film le plus célèbre d’Alain Jessua. Tout le monde  connait l’anecdote qui veut qu’Annie Girardot ait réellement été corrigée dans l’une des scènes par Alain Delon, “par amitié” pour son pote Renato Salvatori, le mari de l’actrice, que cette dernière trompait alors avec Bernard Fresson. Tout le monde y a aussi découvert pour la première fois la teub de Delon dans la mythique scène nudiste.

 

 

Pour ce Traitement de Choc, plus “Ballard” tu meurs, le réalisateur a aussi co-signé un soundtrack remarquable en (presque) total décalage avec le film, sorte de bossa nova afro qui reste longtemps en tête après la vision du film et qui participe aussi grandement à sa réussite.

 

René Koering & Alain Jessua : Traitement de Choc (CAM, 1992)

 

J’sais pas, j’dois pas être normal mais je ne comprends pas que les 2 premiers albums d’AR Kane soient adulés par des gens comme Simon Reynolds et que New Clear Child soit, lui, totalement oublié de nos jours.
Cette merveille pop (je n’ai pas choisi le titre Grace pour rien !), à la fois humble et tellement inventive, n’a pas pris une seule ride et démontre à quel point la pop d’aujourd’hui est rétrograde.
Rendons-lui justice, merde, quoi !

 

A.R. Kane : New Clear Child (3rd Stone, 1994)

 

Attention ! L’âme solitaire ou le suicidé social qui sommeille en toi va se réveiller à la vision de ce premier film d’Alain Jessua.
Après, la grande question est  : pourquoi l’Histoire n’a pas retenu ce chef d’oeuvre des 60′s au côté des Mépris, Jules et Jim et autres Ma Nuit Chez Maud, quelqu’un peut m’expliquer ?
Pour ma part, je ne vous en dis pas plus, les longues analyses, ce n’est pas trop mon truc, pour la bonne raison que je préfère que vous dégustiez ce bonbon venimeux par vous-même !
Et on remercie grandement Sir miliani qui nous offre cette séance de rattrappage!

PS : Selon Jessua La Vie à l’Envers  “est un film misogyne qui a, paradoxalement, reçu le Prix Femina.”

 

 

Encore une fiction politico-sociale de Jessua, idéale pour Les Dossiers de l’Écran et toujours bien en avance sur son temps, plus de 20 ans quand même.

L’histoire peut se résumer simplement : Louis Carrier (Jean Yanne), un punk à sa façon (on est en 77 et il pense à buter Mick Jagger, bonne idée !), va tenter de faire la/sa révolution depuis son canapé. Je vous laisse deviner le résultat !


Supermalprodelica : Je Vis la Vie Que J’ai Choisie (Mike Brant’s cover)

 

Ceux qui traînaient à Bastille au milieu des années 90 se souviennent forcément de Supermalprodelica, avec un tel patronyme comment faire autrement. Supermalprodelica aurait très bien pu devenir un des fers de lance de ce grand fourre-tout que l’on nomma French Touch, tendance electronica, si tout n’avait pas malheureusement cafouillé.
15 ans après, le garçon revient avec un nouveau site présentant, en streaming et avec de très belles vidéos, une poignée de remixes et de covers improbables (d’Aztec Camera à Alain Chamfort) et une longue plage inédite, où les synth’ addicts iront se vautrer, qui sortira dans le courant de l’année sur le label de l’ami Jo’, Scum Yr Earth !
En attendant, on se passe en boucle la reprise de cet hymne hédoniste signé Mike Brant.

 

 

Toujours aussi visionnaire, Alain Jessua avec Les Chiens, réalisé en 1978, c’est carrément Ballard qui s’attaque au fameux “sentiment d’insécurité”. Tourné dans une ville nouvelle, Marne La Vallée, Les Chiens prend des accents de film fantastique au climat pesant, il flirte même avec le giallo dans les scènes du violeur, j’imagine que c’est assez rare dans le cinéma français de l’époque pour le signaler.

Le film a ses petits défauts qui participent néanmoins au charme de l’ensemble :  il est, comme le reconnait lui-même Jessua, un peu “trop démonstratif”, il souffre aussi, ici et là, de baisse de rythme, et ce, malgré une formidable scène de poursuite en R6, digne d’un épisode de Louis La Brocante, sûrement la Victor Lanoux ‘s touch !

Un film qui a du mordant, évidemment !

 

“Le bonheur électronique”, ça vous tente ? Fini les tracas au boulot, fini les engueulades avec bobonne, fini la déprime, tout ça grâce au flashage du docteur Pierre Valois.

Alain Jessua, réalisateur en marge dans le paysage cinématographique français et  donc totalement sous-estimé, nous offre une satire d’anticipation visionnaire avec un formidable Patrick Dewaere, cynique et glacial, qui joue là son dernier rôle. Son suicide un mois avant la sortie du film éclaire en quelque sorte le propos.

Paradis Pour Tous, c’est maintenant ! (Ça a quand même plus de gueule comme slogan, nan ?!)

 

(À 6:50 Alain Jessua parle de Paradis Pour Tous.)

 

Et une nouvelle hola pour Le Bal !

 

©TKPSociety

 

J’dois avouer que c’est un poil déprimant d’arriver à cet âge où l’on voit poindre toutes ces rééditions remasterisées de disques que l’on a achetés à l’époque de leur sortie.

 

My Bloody Valentine : EP’s 1988-1991 (Sony, 2012)

 

Vuillemin : Saine Ardeur (Les Editions du Fromage, 1980)

 

Incroyable, des sessions inédites de Hard Corps, j’en parlais justement il y a 15 jours ! Qui en rêvait ? Personne ? Raison de plus !

 

 

Hard Corps : Clean Tables Have To Be Burnt (Minimal Wave, 2012)

 

Nine Antico : Tonight (Glénat, 2012)

 

C’était quand même plus fun les années Mitterrand !

(Thanks au fluokid Oedipe Purple !)

 

Sans lui et ses deux acolytes, les Smiths seraient encore aujourd’hui  mon groupe favori !

 

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