Archive de Catégorie pour ‘Le Cinéma du Dimanche Soir’.
Tout le monde a vu au moins une fois dans sa vie Traitement de Choc, le film le plus célèbre d’Alain Jessua. Tout le monde connait l’anecdote qui veut qu’Annie Girardot ait réellement été corrigée dans l’une des scènes par Alain Delon, “par amitié” pour son pote Renato Salvatori, le mari de l’actrice, que cette dernière trompait alors avec Bernard Fresson. Tout le monde y a aussi découvert pour la première fois la teub de Delon dans la mythique scène nudiste.
Pour ce Traitement de Choc, plus “Ballard” tu meurs, le réalisateur a aussi co-signé un soundtrack remarquable en (presque) total décalage avec le film, sorte de bossa nova afro qui reste longtemps en tête après la vision du film et qui participe aussi grandement à sa réussite.
René Koering & Alain Jessua : Traitement de Choc (CAM, 1992)
Encore une fiction politico-sociale de Jessua, idéale pour Les Dossiers de l’Écran et toujours bien en avance sur son temps, plus de 20 ans quand même.
L’histoire peut se résumer simplement : Louis Carrier (Jean Yanne), un punk à sa façon (on est en 77 et il pense à buter Mick Jagger, bonne idée !), va tenter de faire la/sa révolution depuis son canapé. Je vous laisse deviner le résultat !
Toujours aussi visionnaire, Alain Jessua avec Les Chiens, réalisé en 1978, c’est carrément Ballard qui s’attaque au fameux “sentiment d’insécurité”. Tourné dans une ville nouvelle, Marne La Vallée, Les Chiens prend des accents de film fantastique au climat pesant, il flirte même avec le giallo dans les scènes du violeur, j’imagine que c’est assez rare dans le cinéma français de l’époque pour le signaler.
Le film a ses petits défauts qui participent néanmoins au charme de l’ensemble : il est, comme le reconnait lui-même Jessua, un peu “trop démonstratif”, il souffre aussi, ici et là, de baisse de rythme, et ce, malgré une formidable scène de poursuite en R6, digne d’un épisode de Louis La Brocante, sûrement la Victor Lanoux ‘s touch !
Un film qui a du mordant, évidemment !
“Le bonheur électronique”, ça vous tente ? Fini les tracas au boulot, fini les engueulades avec bobonne, fini la déprime, tout ça grâce au flashage du docteur Pierre Valois.
Alain Jessua, réalisateur en marge dans le paysage cinématographique français et donc totalement sous-estimé, nous offre une satire d’anticipation visionnaire avec un formidable Patrick Dewaere, cynique et glacial, qui joue là son dernier rôle. Son suicide un mois avant la sortie du film éclaire en quelque sorte le propos.
Paradis Pour Tous, c’est maintenant ! (Ça a quand même plus de gueule comme slogan, nan ?!)
(À 6:50 Alain Jessua parle de Paradis Pour Tous.)
Un dimanche soir spécial truands avec, en deuxième partie de soirée, ce classique de Robert Wise, au final ironiquement explosif. Un film adoré par Jean-Pierre Melville.
Tiré du roman de William P. McGivern, auteur de Règlement de Comptes dont l’adaptation au cinéma par Fritz Lang est aussi un classique du film noir, Le Coup de l’Escalier est scénarisé par Abraham Polonsky, qui, lui, a confectionné sa petite perle noire 11 ans auparavant, Force of Evil, adulé par Scorsese.
PS : ce film vient de ressortir en salles, en salle plutôt, puisqu’il n’est programmé qu’au Champo à Paris.
Le pire film de Bertrand Blier donc son meilleur. Fiasco financier, haï par la critique, oublié dans la filmo de Blier, Calmos, réalisé entre Les Valseuses et Préparez Vos Mouchoirs, a vraiment tout pour séduire.
Les Chiéchiennes de Garde devraient adorer ce qui en 1976 n’était qu’une simple fable d’anticipation et qui, aujourd’hui, est devenue une triste réalité !
Bertrand Blier : «Je pense que c’est une énorme connerie de l’avoir fait. Contrairement aux apparences, le film n’est pas très marrant parce qu’on avait un scénario extraordinaire qu’on n’a tourné qu’à moitié, mais je n’étais sans doute pas suffisamment prêt pour le faire. Ça manquait d’épaisseur. Mon producteur de l’époque et moi-même étions jeunes tous les deux, on s’est lancé un peu n’importe comment, d’autant que c’était après Les Valseuses. Toutes les portes étaient ouvertes de manière royale. Et on s’est planté. C’est un film dans lequel il y a des scènes réjouissantes puis d’autres très mauvaises. Aujourd’hui, à voir, il doit être sympa. Avec le recul, c’est un truc de malade, on n’a jamais vu ça, hormis chez Fellini. D’ailleurs, il a connu le même bide que moi avec La Cité des femmes. Ce n’est pas tout à fait le même sujet mais ce n’est pas loin. Il faut savoir quand même qu’on l’a fait pour l’année de la femme.»
Je me souviens être allé voir un peu à reculons Bancs Publics et être ressorti comblé de cette comédie une nouvelle fois atypique.
Le sens du burlesque de Bruno Podalydès se déploie de façon exponentielle lors de l’hilarante séquence du magasin Bricodream, une demi heure mémorable où se croisent Catherine Deneuve, Benoît Poelvoorde, Pascal Légitimus, Michel Lonsdale, Bruno Solo, Olivier Gourmet (génial en serial bricoleur !) et bien d’autres.
Totalement sous-estimé, Liberté-Oléron est à mes yeux la meilleure comédie française de ces, disons, 20 dernières années !
Le film a sûrement pâti de son humour décalé et de son sens de l’absurde (goût pour le néologisme, le fameux running gag de la glaviole) mais aussi de ses aspects quelque peu sinistres (les vacances en famille, la traversée finale, le jardin de madame), autant d’éléments qui le place en dehors des sentiers battus.
Tout ça pour dire que Liberté-Oléron fait parti de ces trop rares films qui arrivent à me rendre hilare à chaque vision. Les frères Podalydès y sont à leur top !
Jean-Pierre Marielle, accompagné de Jean Carmet, revient chez Joël Séria en 1987 dans ce film haut en couleur qui s’inscrit de prime abord dans la veine des Galettes de Pont-Aven et … Comme la Lune.
Généralement, on retient à tort de ces comédies licencieuses leur seule grivoiserie en omettant leur aspect sombre et glauque. Si Les Deux Crocodiles peut paraître plus anecdotique que ces deux prédécesseurs, ce film, malgré son happy end, a le mérite de rendre plus palpable le monde sordide et malsain dans lequel nous a toujours plongé Séria !
Le réalisateur nous peint aussi dans ce road movie de la lose un beau portrait de notre campagne bretonne !
Encore une fois, Les Deux Crocodiles reste inédit en DVD.
Entre Les Galettes de Pont-Aven et … Comme la Lune, Joël Séria réalise ce film mêlant fantastique, fétichisme et pédophilie latente. Le genre d’ovni tout simplement impossible à produire de nos jours, même (ou surtout) avec André Dussollier et Fanny Ardant au casting.
Joël Séria : “A l’époque, on avait la liberté de parler de tout, sans tabou. Aujourd’hui, ce genre d’allusion ne passerait plus. Je préfère d’ailleurs de loin la censure de l’époque parce qu’elle disait vraiment son nom. Désormais, on a une censure par la famille. On ne peut plus rien montrer aux enfants alors que tout le monde sait que c’est de l’hypocrisie totale”
Un film du dimanche soir que papa et maman ne tiennent pas trop à vous laisser regarder.
De Joël Séria (réalisateur iconoclaste qu’il va falloir absolument sortir de l’oubli !) tout le monde connait Les Galettes de Pont-Aven mais un peu moins ce mythique… Comme la Lune dont la verve dépasse l’entendement. Après ça vous ne pourrez plus jamais laisser quelqu’un dire que Tarantino est le plus grand dialoguiste du monde !
Au-delà d’un Jean-Pierre Marielle délirant, le film offre aussi “une certaine idée de la France” des 70′s (papiers peints, gourmette en or et costard camel) !
Je ne vois pas dans notre paysage cinématographique de meilleure définition du naturalisme à la française que ce Pleure Pas La Bouche Pleine.
C’est aussi ma définition parfaite de ce qu’est un chef-d’oeuvre.
Le film qui vous fera adorer Bernard Menez, encore plus que Du Côté d’Orouët. Pour ceux qui en doutaient, voilà une nouvelle preuve que les acteurs de droite sont bien meilleurs que ceux de gauche.
Le genre de film que vous ne verrez malheureusement plus jamais le dimanche soir sur TF1.
La Traque est un survival normand où une joyeuse bande de copains (les trognes 70′s incroyables de Jean-Luc Bideau, Michel Lonsdale, Jean-Pierre Marielle, Michel Constantin et Philippe Léotard), sorte de rednecks sauciflard et pinard, chasse un joli gibier, la fragile Mimsy Farmer (oui ! la même que Il Profumo Della Signora In Nero).
Le réalisateur Serge Leroy (oui ! le même qu’Emmanuelle 4 !, en fait c’est Francis Leroi, désolé !) s’impose ici comme un Peckimpah franchouillard d’une rare virulence. Au programme de cette perle noire: lâcheté, misère sexuelle, hypocrisie, orgueil…de ces petits notables provinciaux.
Un véritable trésor caché à ce jour inédit en DVD !
Vous connaissez tous mon amour fou pour les hippies, ce post était donc trop tentant d’autant plus que l’on peut voir Les Babas Cool comme une suite à Je Vais Craquer.
Alors maintenant j’aime mieux vous prévenir : la réhabilitation de Christian Clavier est en cours et plus rien ne l’arrêtera…

































































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