Archive mensuelle pour septembre 2011.


Andy Stott : Posers

 

6 nouveaux titres d’Andy Stott pour le week-end, les fans de techno déviante vont être aux anges !

C’est un peu comme si on écoutait une vieille k7 de minimal, retrouvée au fin fond de sa cave humide, sur le walkman de son adolescence qui ne tournerait plus à la bonne vitesse.

 

Andy Stott : We Stay Together (Modern Love, 2011)

 

A la fin des années 60, Sanrizuka est un petit village d’une région agricole condamné à être rasé pour que l’aéroport de Narita, déservant Tokyo, puisse être construit. Jusqu’a son ouverture en 1978, les villageois, rejoints par des militants et des étudiants, vont protester violemment contre ce projet.

Kitai Kazuo rend compte de ce combat dans ce livre publié en 1971, en s’intéressant davantage au moment de pause qu’au conflit lui-même.  Cette lutte donnera naissance à plusieurs livres de photo tout au long des années 70. Si Kitai Kazuo use d’un style violent et sale caractéristique des photographes de Provoke – image hyper contrastée, grain énorme, goût pour l’abstraction -  il n’a pourtant jamais fait parti de ce groupe réunissant Daido Moriyama, Takuma Nakahira et Nobuyoshi Araki, pour ne citer que les plus célèbres. Il a néanmoins été une influence revendiquée par les 2 premiers, grands admirateurs de son Resistance (disponible pour 3500€ !), qui documentait les manifs étudiantes anti-guerre et anti-US du début des 60′s, publié en 1965, soit 3 ans avant le premier volume de Provoke.

 

Kitai Kazuo : Sanrizuka (2011, Steidl)


Joker : Slaughter House (ft.Silas) 

 

A une époque où l’on achetait encore des disques simplement parce que la pochette nous plaisait, est-ce que l’on serait rentré à la maison avec celui-ci ? Non et on aurait bien eu raison.

 

Joker : The Vision (4AD, 2011)

 

Contrairement à ce que vous pourriez penser, la guerre ne m’a jamais fasciné. A 6 ans, je ne jouais pas au petit soldat.  A 13 ans, je ne passais pas mes journées les yeux rivés sur un plateau de wargame, je n’y ai jamais rien compris,  je laissais ça aux matheux qui, généralement, étaient aussi hardos, deux bonnes raisons de fuir. A 18 ans, j’ai été réformé, pas d’autres solutions possibles, le service militaire aura duré pour moi une petite matinée. A 30 ans, je n’ai jamais passé mes nuits à jouer à Call of Duty.

Mais, aujourd’hui, je dois avouer craquer de plus en plus pour les livres de photos de guerre qui, paradoxalement, laissent transparaitre, peut être même plus que tout autre livre de photos, l’humanité avec un grand h.

 

 

Dans Infidel, Tim Hetherington fait le portrait d’une troupe de l’armée US basée en Afghanistan dans la Vallée de Korengal, considérée comme l’une des plus dangereuses régions du pays. Il réussit à transmettre à merveille le quotidien de ces hommes qui passent la majeure partie de leur temps à s’ennuyer, le combat étant alors vécu comme une sorte de délivrance face à cette attente insupportable. Infidel sera malheureusement le dernier livre de ce photographe de guerre puisqu’il s’est fait tuer en Lybie en avril dernier. En 2007, il avait été lauréat du World Press Photo pour cette splendide photo  :

 

 

Tim Hetherington : Infidel (Chris Boot, 2010)


Martyn : Bauplan

 

La première impression est toujours la bonne, vérifions tout de suite…

Il y a une petite appréhension à découvrir un disque que l’on attend depuis longtemps. Ma première écoute de Ghost People s’est faite sur la chaine hifi à un volume raisonnable, à savoir celui que supporte la personne avec qui vous partagez votre vie, vous voyez ce que je veux dire ! pour être plus clair à un niveau bien trop faible. Du coup, j’ai tout bonnement eu le sentiment d’écouter de la house poum-tssi à la Stéphane Pompougnac, tout du moins à l’idée que je m’en fais. En un mot, l’horreur.

Les écoutes suivantes se sont faites au casque  façon “de quoi ? qu’est-ce que tu dis ? j’entends pas, j’écoute de la musique, oui !  je débarrasse la table… après”. La house pomponnée s’est alors révélée plus rough avec parfois des accents chicagoiens cradoques. Je me suis dis “ouf” le temps de quelques titres mais ce n’était qu’un leurre. L’album manque clairement de caractère, certes les démos rustico-synthétiques, très dans l’air du temps, Viper et Bauplan, la bassy house Mask ou l’electronica breakbeat circa 1998 We Are You In The Future séduisent immédiatement mais, laissez-moi compter, ça nous fait donc 4 titres, de quoi faire un beau maxi.

Une bien belle déception.

 

Martyn : Ghost People (Brainfeeder, 2011)


Dom & Roland : 2097

 

Garanti 100% bourrin et 0% gras de dubstep !  Play LOUD, c’est les voisins qui vont être contents !

Sinon on est combien à pouvoir écouter ça aujourd’hui ?

 

Dom & Roland : The Big Bang LP (Dom & Roland Productions, 2011)

 

En 1991, il y avait comme une petite méprise sur ce son : je me souviens qu’au lycée, alors que Nevermind rugissait de mon Aiwa, mes camarades, étonnés, me demandaient “ah ! tu écoutes du hard, toi, maint’nant ?”

 

 

 

1991 : The Year Punk Broke (Geffen, 2011)

 

Vous en avez ras le bol des bds blogs autobiographiques “oh ! mon minou a fait caca sur la couette, c’est rigolo”, des bds engagées “mon séjour en Serbie dans la maison brûlée de mon arrière grand-mère en quête de mes origines”, grand prix Courrier International, des bds US indie intouchables “j’ai une tache sur ma cravate et je déprime seul à une table du resto d’entreprise en fantasmant sur la secrétaire du 3ème” ou des comics type “X-Men origins : les premiers poils de bites du professeur Xavier (son vrai pouvoir est dans le “s” à bites !) “, sans parler de l’adaptation  manga en 80 tomes du cycle des Robots d’Asimov retrouvée dans les archives de Tezuka ?

Un seul remède : Prison Pit de Johnny Ryan. La couverture de ce troisième numéro est bien sûr élue la meilleure de 2011 !

 

 

Johnny Ryan : Prison Pit – Book 3 (Fantagraphics Books, 2011)


Orelsan : La Petite Marchande De Portes-Clefs

 

Depuis le début, j’aime bien ce “gamin” même si son flow est un peu merdique, ses prods’ un poil cheapos mais pas plus que celles de ses collègues du pera d’aujourd’hui, français ou ‘ricains, et ses textes self-consciousness pas toujours suffisamment aiguisés. Néanmoins sa colère parait sincère et, ça et là, il réussit mine de rien à faire mouche, ce qui est déjà amplement suffisant à mon goût.

 

 

Adieu les ouvriers, ces produits périmés / C’est la loi du marché mon pote, t’es bon qu’à te faire virer / ça t’empêchera d’engraisser ta gamine affreuse / Qui se fera sauter par un pompier, qui va finir coiffeuse: c’est quand même autre chose que le dernier Michel Cloup !

 

Orelsan : Le Chant Des Sirènes (Troisième Bureau, 2011)

 

Je ne me fais même plus chier maintenant, je délègue !

L’automne, “oh triste saison”, c’est plus l’heure de guincher !

 

Le tracklist :

1 – Borden, Ferraro, Godin, Halo & Lopatin : Internet Gospel Pt. 1
2 – Psychic TV : The Orchids
3 – Oupa : Forget
4 – Coil : Disco Hospital
5 – Eyeless in Gaza : Transience Blues
6 – Ela Orleans : Better Friends
7 – Colin Towns : Kate
8 – Robedoor : (In The) Cybershade_Universal Migration
9 – Chris & Cosey : Just Like You
10 – Eyeless in Gaza : John On Patmos
11 – Grouper : Little Gray Cat

 

Enjoy !

Merci KP !

 

 

Le titre du livre est explicite, Enrique Bostelmann, mexicain d’origine allemande, s’attache dans son Voyage à Travers l’Injustice  à dépeindre à la manière d’un street photograph la condition des indiens et des meztizo (les métis) en Amérique Latine, classe exploitée, à la limite de l’esclavage. Accompagné d’une préface engagée, signée Carlos Fuentes, le livre est publié à l’origine en 1970 par Siglo XXI Editores, une des plus grandes maisons d’édition hispaniques de littérature, pourtant pas vraiment portée sur les livres de photos.

Pour info, l’édition originale s’échange sur le net aux alentours de 1600 €.

 

what statistics express in a precise and horrific chart (…) Bostelmann reveals in the details of an isolated photograph, and then extends it into the next; each image converses with the rest, it holds out the hand of correspondence, it offers them the negative of contrast.

It would take several volumes of analysis and statistics from CEPAL ( the Latin America Economic Commission) to substitte – without too much success – a single one of Enrique bostelmann’s images.” Carlos Fuentes.

 

Enrique Bostelmann : América – Un Viaje a Través de la Injustcia (Steidl, 2011)


Blawan : What You Do With What You Have

 

Blawan réussit l’incroyable exploit d’égaler son précédent EP sur R&S Records, Bohla EP.

De très loin, le producteur le plus jouissif de 2011 ! Je me dis qu’il faudrait peut être que je remette ma tenue de nightclubber pour voir ce que ça donne à plein volume sur un dancefloor.

 

Blawan : What You Do With What You Have (R&S Records, 2011)


Scuba : M.A.R.S.

 

Comme vous pouvez le constater, je culpabilise grave pour ma mixtape d’automne avortée…

 

Scuba : DJ Kicks (!K7, 2011)

 

Arts Factory fête ses 15 ans à l’Espace Beaurepaire avec des invités comme Ludovic Debeurme, Les Frères Guedin, Nine Antico, Charles Burns, Loulou Picasso…

Mais ce sont 2 dessins de Tom de Pékin qui ont tout particulièrement retenu mon attention, me ramenant à mon adolescence passée dans un village de 500 personnes, à la frontière de l’oise (joie), où, vers l’âge de 13, 14 ans tous mes amis d’enfance se sont soudainement passionnés pour leur 103 SP et les kit Polini, moment qui allait inévitablement sceller pour plusieurs années mon retrait dans ma chambre avec pour seul compagnons mes numéros de Starfix et mes cds de U2.

Ces amoureux de la mob’ finiront papa à 15 ans, cocaïnomane à 16 ou enterrer à 17 (suicide, accident sur la RN1) ! De là a en tirer une théorie scientifique du type “de l’influence de la 103SP sur l’évolution socio-culturelle de son propriétaire”…

Du coup, j’me dis que j’ai bien fait de ne jamais monter pareille machine !

 


LFO : LFO

 

Comme ça vous pourrez dire que vous y étiez avec votre sifflet !

Ceci dit une séance de rattrapage est bientôt prévue :

 

 

LFO : Live In Paris 18.1.92 – La Grande Arche De La Défense (Libération, Fnac Music, Warp, 1992)

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