Archive mensuelle pour août 2011.

 

Le label Schematic tient une drôle de place dans mon coeur. Il représente à la fois un condensé de tout ce qui m’a plu dans l’electronica (avec la jungle, le genre que j’ai sûrement le plus écouté durant les 5 dernières années du XXème siècle ) et mon ras le bol pour ce son.

Pendant 2-3 ans, j’ai dû acheter à peu près tout ce que le label sortait avant de me lasser de ce trop plein d’abstraction, comme du Autechre un peu vain, tournant à vide, les magnifiques pochettes des Designers Republic n’y changeront rien.

Schematic est fondé en 1996 par le duo Phoenecia mais c’est après le succès de leur EP Randa Roomet sur Warp que le label va véritablement prendre son envol, notamment grâce à la première compilation Ischemic Folks, sorte d’Artificial Intelligence 2.0. En 2011, le label est toujours actif, privilégiant désormais le format digital pour ses sorties.

Après avoir réécouté les disques du label, j’ai fini par choisir Expect More From A Past Life, compilation de morceaux signés Romulo Del Castillo, moitié de Phoenecia.

 

Takeshi Muto / Metic : Expect More From A Past Life (Schematic, 2001)


Game : Martians Vs Goblins (Feat. Lil Wayne & Tyler The Creator)

 

Je me doute bien que les fans de West Coast hip hop ne doivent pas être nombreux ici mais voilà qui devrait quand même vous donner envie de ressortir le jogging Lacoste et d’aller en bas chercher un kebab avec ce Martians vs Goblin à fond sur portable. Le bandana, c’est pas une obligation à moins que vous ayez gardé celui de Raphy, qui repose désormais au fond du jardin chez papa et maman.

 

Game : The R.E.D. Album (Interscope, 2011)

 

Le plus tragique dans cette histoire de gangsters c’est lorsqu’on referme le livre et que l’on découvre horrifié le code barre et le prix imprimés en quatrième de couverture, la fin d’une époque, adieu le sticker “l’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste”. Sinon, c’est bien.

 

 

Conrad Botes & Ryk Hattingh : La Bande à Foster (L’Association, 2011)


King Midas Sound : Earth A Kill Ya (Mala Remix)

 

Le tiercé gagnant de la semaine : King Midas Sound, Mala et Kuedo ( j’attends avec impatience l’album de ce dernier, à venir sur Planet Mu).

 

King Midas Sound : Kuedo & Mala Remixes (Hyperdub, 2011)


The Rapture : Chidren

 

Voilà à quoi ressemble un album “génial” selon Les Inrocks. Ceci dit, éclair de lucidité, du twit au site on passe de “génial”  à “très réussi”, attendons de lire la version papier !

Les Rapture peuvent remercier Zdar pour sa production totalement aseptisée qui fait d’eux les jumeaux de Phoenix, comme si on avait besoin de ça ! Thank you Philou !

 

The Rapture : In The Grace Of Your Love (DFA, 2011)

 

Un peu de copinage, ça ne fait jamais de mal : faites-moi plaisir, ajoutez à vos favoris ce tout nouveau blog d’un natural born loser !

The Teenage Kicks Preservation Society, ça donne envie, non ?!

 

 

Ce titre de Modern English me ramène à cette époque où j’empruntais encore des vinyles à la discothèque municipale. Mes choix se basaient généralement sur les pochettes, du coup, je me retrouvais souvent avec des disques 4AD ou Factory dans les mains, normal ! C’est comme ça que j’ai découvert Durutti Column avec The Guitar And Other Machines et Modern English avec Mesh & Lace, leur premier album qui se clôture en apothéose avec ce Dance Of Devotion (A Love Song).

Grâce à tous ces 33 tours que je ramenais à la maison, la platine Thorens de papa a eu le droit à une seconde vie, trônant par terre en plein milieu du salon, attention à ne pas se prendre les pieds dans les fils ! une belle revanche sur la platine CD qui l’avait un temps reléguée au fond du placard de la chambre d’amis, au-dessus des manteaux démodés suspendus que maman ne mettait plus (ils y sont toujours mais maman n’est plus), juste à côté des vieux draps qu’on laissait enfin dormir tranquillement. Je me souviens avoir écouté en boucle sur cette machine cette étrange love song. J’étais totalement fou, je le suis encore, du son brut de la batterie, soutenue par la sublime ligne de basse, qui explosait après la longue intro cauchemardesque.

Je découvrais ce Mesh & Lace incandescent qui brûle ses 8 titres parfaits dans une énergie toute juvénile à vous donner des frissons, littéralement ! Mieux que ça , j’avais enfin mis la main sur ce 3ème album de Joy Division qui n’existe pas, un Joy Division bien vivant, plus fiévreux que jamais et moins cérébral. Un Joy Division qui chlingue des dessous de bras.

 

Evidemment, il serait facile de railler ce film : et j’te refais le coup des chansonnettes, on reprend les mêmes et on recommence, les Ludivine Sagnier, Chiara et autre Louis Garrel, une pincée de sida parce que j’suis un réal’ gay, la mort parce qu’il n’y a rien de plus triste etc. Trop facile.

Le film prend son temps, c’est tout d’abord agaçant mais ça se révèle être au final l’une de ses principales forces.

Dans le premier tiers, il déçoit donc : la reconstitution des 60′s est théâtrale et désincarnée, les personnages évoluent comme des pantins dans des décors en carton-pâte. En étant conciliant, je pourrais me dire que Christophe Honoré déréalise volontairement cette partie pour lui donner la forme d’un souvenir enfoui dans la mémoire de Madeleine, le personnage central. Dans le second, il ennuie gentiment :  les années 80, le rock, les amours impossibles… autant de thèmes rabâchés que l’on sent néanmoins tendre vers quelque chose de plus subtil. Puis, dans le dernier, tout s’emballe : le tragique, jusqu’alors latent, prend corps. La mort survient mais, à la différence des Chansons d’Amour, elle ne prend pas par surprise le spectateur, qui connaît un peu les ressorts du réalisateur. Un torrent de larmes vient tout de même emporter Les Bien-Aimés, mais de façon plus insidieuse, avec une Catherine Deneuve impériale face aux Temps Qui Changent.

Catherine, je t’aime, depuis toujours et de plus en plus.

 

 

PS : Honoré réussi l’exploit de brider le petit Garrel, c’est pas rien !


Clams Casino : Motivation

 

Mis en ligne gratuitement début mars, les 13 titres d’Instrumentals bénéficient aujourd’hui, après un énorme buzz sur le net, d’une sortie officielle en vinyle sur Type. Clams Casino rejoint donc le riche catalogue de ce label qui compte déjà à son actif Richard Skelton, Yellow Swans, Deaf Center ou Rene Hell.

 

Clams Casino : Instrumentals (Type Records, 2011)

 

Des années que je n’avais pas lu un livre de David B. : j’avais fini par me lasser de son univers, quoi de plus chiant que les rêves des autres ?!

Là, le projet est si couillu que je n’ai pu résister. Le défi est parfaitement relevé. Superbe.

 

 

Jean-Pierre Filiu & David B. : Les Meilleurs Ennemis – Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient, première partie 1783-1953 (Futuropolis, 2011)


Trevino : Chip

 

2 tracks qui n’auraient pas dépareillés sur les mixes Electro Boogie sortis par Studio !K7 à la fin du siècle dernier (s’il y en a qui se souvienne ?), avec une préférence pour le bombesque Chip signé Trevino (un inconnu qui, en fait, n’en serait pas vraiment un !).

Ceci dit je ne peux pas m’empêcher de penser que l’on regarde un peu trop dans le rétroviseur en ce moment. Vous me direz c’est normal quand on fait une marche arrière, c’est bien là le problème  !

 

Instra:mental & Trevino : Pyramid / Chip (3024, 2011)

 

Bancal, malade et à moitié réussi, ou plutôt à moitié loupé, ce nouveau Téchiné est délectablement déroutant : un chien se fait éclater sur un mur, un père regarde sa fille baiser sur l’écran de son ordinateur et des corps vieillissant cherchent à s’aimer comme des ados.

 

 

On oublie l’affiche too much pink, façon venez-les-copines-on-va-voir-Sex & The City , on ne regarde surtout pas l’horrible bande annonce et on se précipite voir la meilleure production Apatow depuis l’indétrônable Supergrave. La géniale  Kristen Wiig incarne le personnage le plus hilarant de l’année mais aussi le plus déprimant.

 

 

Palme d’Or 2011 du film le plus perversement malsain. Où comment Almodóvar réussi en  2 heures à transformer la créature féminine la plus désirable en véritable tue-l’amour, à vrai dire ce n’est pas totalement vrai ce que j’écris ici, c’est d’ailleurs bien là le problème !

Almodóvar vient de réaliser le meilleur Cronenberg depuis Faux-Semblants, incroyable ! Jamais je n’aurais pensé qu’une de ses réalisations puisse concourir au titre de “mon film préféré de l’année”.


irr. app. (ext.) / Nurse With Wound : Rat-Size With Conical Headdress

 

Il n’existe pas de meilleure musique pour la nuit que celle de Nurse With Wound !

4 orphans est un projet inabouti, datant de 2001, entre Matthew Waldron (irr. app. (ext.)) et Steve Stapleton (Nurse With Wound) où chacun devait retravailler le matériel de l’autre. Au final, seule la partie de l’initiateur du projet, Matthew Waldron, a fini par voir le jour.

 

irr. app. (ext.) / Nurse With Wound : 4 Orphans (2011)


Jacques Greene : I Like You

 

La petite hyperie du moment qui ne me laisse pas indifférent. Son petit truc à lui c’est les voix r’n'b pitchées (pas évident sur l’extrait, j’en conviens !).

Là, c’est  le quatrième maxi de ce canadien qui a déjà remixé Katy B et Radiohead.

 

Jacques Greene : What U R (White Label, 2011)


Radiohead :  Bloom (Blawan RMX)

 

Blawan fuckin’ rules !

 

Radiohead : Give Up The Ghost (Brokenchord RMX) / TKOL (Altrice RMX) / Bloom (Blawan RMX) (Ticker Tape, 2011)

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