Archive mensuelle pour mai 2011.
C’est aujourd’hui le grand jour ! Ce soir, Mark E. Smith pourrait jouer acoustique accompagné d’une harpe et d’un violon (si vous voyez ce que je veux dire !) que ça n’en serait pas moins génial !
La dernière fois que j’ai vu The Fall c’était en 2005 dans le parc de la Villette pour le festival Feedback, ce fut un joyeux bordel, du grand portnawak. Mark E. Smith, quand il ne braillait pas dans 2 micros, allait tripoter les amplis de ses musiciens comme s’il était victime de toc ou se barrait 5 minutes de la scène laissant ces derniers seuls !
(Vous noterez le logo Ouï FM !)
La fois d’avant c’était en… 1993 (oh ! putain !) à l’Arapaho, Dieu merci cette salle n’existe plus (ceux qui l’ont connue me comprendont !), et ça reste dans mon souvenir la prestation live la plus teigneuse qu’il m’ait été donné de voir !
La setlist d’un concert donné en janvier à Tel Aviv, on peut donc espérer qu’ils jouent ça ce soir :
Je n’en peux plus de ces collaborations entre “grande musique” et musique pour les pieds (cri de désespoir).
Oui ! Vous pourrez toujours me rétorquer que Villalobos s’adresse autant aux pieds qu’à la tête, c’est vrai, mais vous voyez très bien ce que je veux dire !
Ricardo Villalobos & Max Loderbauer : Re: ECM (ECM, 2011)
Evidemment c’est autre chose que l’horribleginal !
Ricardo Villalobos ou comment transformer le plomb en or !
Energy 52 : Cafe Del Mar (The Ricardo Villalobos Mixes) (Flying Circus, 2001)
Comment ont-ils osé pareil sacrilège ? Remixer l’un des plus beaux maxis de ces 20 dernières années, si ce n’est Le plus beau !
On sera indulgent avec Headhunter par contre on enverra Breach brûler en Enfer avec son remix bassy-house de Rings Around Saturn !
Photek : U.F.O. (Addison Groove Remix) / Rings Around Saturn (Breach Remix) (White Label , 2011)
Ce matin je suis allé au cinéma et j’me demande encore quel genre de film j’ai vu : un documentaire sur le Big Bang dans cette série que mes profs au collège vénéraient, Connaissance du Monde, un film évangéliste (cette hypothèse contredisant la précédente !) grassement produit par la famille Bush ou la sublime chronique d’une enfance dans l’Amérique des 50′s que j’adore, Converse et Levi’s Big E (sans parler du mobilier signé Bertoia, Steiner, Wegner & co).
Je tiens ici à écarter tous soupçons : je ferai partie des défenseurs acharnés de cette Palme d’Or, preuve que j’ai un coeur et qu’il y a bien une vie après le cinéma bis italien ou le SM jap’ !
Le premier qui trouve le morceau samplé sur ce titre d’Hype Williams a gagné toute mon estime ! On va voir si vous suivez un peu !
J’ai toujours été fasciné par les films qui s’ouvrent par une longue séquence sans aucun dialogue. Dans le cas présent, il faut attendre 9 minutes et 32 secondes pour entendre un “descend, grouille-toi !”
Une première scène muette où l’on passe violemment du Paradis, le calme d’une ballade sur la mer des Caraïbes, à l’Enfer, le bruit du crissement des pneus sur le bitume (vous pouvez remballer votre Bullit !). Après avoir réalisé successivement Colorado en 1966, Le Dernier Face à Face en 1967 et Saludos Hombre en 1968, Sergio Sollima, dans cette séquence mythique qui se clôt par un gunfigth sur la place d’un village, passe en douceur du western au polar.
La Cité de la Violence offre à Charles Bronson son plus beau rôle, jouant parfaitement du contraste entre son physique acéré et son jeu rentré, sorte de Samouraï Melvillien, à la fois dur et fragile.
Città Violenta se démarque aussi radicalement de la vague des polars bis italien par sa mélancolie prégnante, voire son Romantisme, et son audace formelle, avec ses scènes étirées jusqu’à l’épuisement et une séquence finale d’anthologie au montage sublime qui décuple la puissance émotive de la scène.
Une fois encore, comme dans ses précédents westerns ou son futur Revolver, Sollima ne peut s’empêcher ici de nous faire part de ses penchants gaucho-anar populistes, tendance générale dans le cinoche italien de l’époque.
An absolut classic masterpiece.
Un chef d’oeuvre qui méritait bien évidemment l’une des partitions d’Ennio Morricone qui enlumine le mieux les images d’un film :
Les branchés, les câblés, c’est demain qu’ouvrent les festivités de Villette Sonique, avec notamment un concert d’Emeralds que j’attends avec impatience.
Sinon on se croise au moins dimanche, pour un après-midi Hyperdub gratos où l’on ira applaudir Kode9 & Spaceape et cracher sur Hype Williams avant d’aller se faire insulter mardi soir par Mark E. Smith !
Nouveau mix des plus monolithique signé Youngsta, DJ historique de la scène, à sortir sur le label de la radio Rinse FM.
Youngsta : Rinse 14 (Rinse, 2011)
Spectrum Spools est un tout nouveau sous-label d’Editions Mego, géré par John Elliott d’Emeralds, qui ne compte pour le moment que 4 références.
Vous l’aurez deviné : Spectrum Spools est dédié aux amoureux des synthés venus tout droit de la planète Kosmische. Des synthés et autres machines en tout genre que le trio de Brooklyn Forma se fait un malin plaisir de nous lister sur leur premier album : Roland RS-09, Roland SH-1000, Roland RE-101, Yamaha CS-15, Crumar DS-2, Oberheim SEM, DSI Mopho, Moog LP, Farfisa Compact Combo, Roland TR-707, Alesis HR-16B .
Ce sous-label semble pour l’instant adopter une approche de la musique électronique plus poppy que celle de sa maison mère (le 2 titres Canzoni Dal Laboratorio Del Silenzio Cosmico par Bee Mask étant l’exception qui confirme la règle !), ce qui n’est pas forcément pour me déplaire.
Si ce n’est pas déjà fait mais ça m’étonnerait, allez faire un tour chez Joseph Ghosn qui a, comme à son habitude, très bien parlé de l’album de Mist, dernier disque sorti sur Spectrum Spools, que je vous recommande aussi.
Forma (Spectrum Spools, 2011)
De quoi réchauffer ceux qui, comme moi, ont été quelque peu refroidis par le dernier Thurston Moore !
Petit cours sur la Préhistoire avec ces 12 inédits sortis des tiroirs du DJ Gene Hunt dont certains datent de 82/83 !
Gene Hunt presents Chicago Dance Tracks (Rush Hour, 2011)
Des 3 Sergio, Leone et Corbucci (Sergio Tacchini étant hors catégorie), Sollima est injustement le moins célèbre bien qu’il ait réalisé au moins 4 chefs d’oeuvres incontournables : 2 westerns rivalisant sans conteste avec les meilleurs Leone, Colorado et Le Dernier Face à Face, et 2 polars, La Cité de la Violence et ce Revolver (on oublie direct le titre français, hein !).
Bien plus qu’un énième poliziottesco des 70′s, Revolver est un beau film sur l’amitié, “le Bien et le Mal”, où les “good guys” font plus de dommages que les “bad guys”, pour reprendre les propos de Sollima.
Comme souvent chez ce réalisateur, le film vire dans son dernier quart d’heure au brûlot nihilo-gauchiste aussi jubilatoire que bourrin : “la société a plusieurs manières de protéger ses intérêts : le bulletin de vote, par exemple, ou bien le revolver” entend-on de la bouche d’un notable !
Le soundtack signé Morricone est bien sûr une petite perle avec son inoubliable titre d’ouverture chanté par Daniel Beretta, Un Amico.
Pour la petite histoire, Johnny Hallyday aurait refusé le rôle du chanteur joué par Daniel Berretta lui-même.

















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