Archive mensuelle pour décembre 2010.
Ce week-end, plutôt que de vous mettre la tête à l’envers en essayant de suivre tonton René au goulot, vrillez-vous la en écoutant Keith Fullerton Whitman (perso, j’en étais resté aux disques qu’il sortait sous le nom de Hrvatski ), une belle grosse claque !
Et pour un effet maximal, on peut s’écouter les 2 en même temps. En jouant avec le volume de l’un ou l’autre, c’est encore plus tripant : oui ! je sais, j’suis un ouf !
Keith Fullerton Whitman : Generator (Root Strata, 2010) /Variations For Oud & Synthesizer (2010)
Petite séance de rattrapage avant de boucler 2010 avec deux grands albums de l’année que l’on rangera dans la case noise-experimental-drone-dark ambient, ayayaïe ! Des disques qui peuvent donc légitimement effrayer un public non averti (rassurez-vous, moi-même, je le suis à peine dans ce type de musique !) mais qui, étonnament, séduisent dès la première écoute !
Croyez-moi, ces prochains jours, ils seront vos meilleurs compagnons pour les rares moments où vous pourrez discrètement vous isoler à l’heure du digestif quand tonton racontera ses blagues grivoises !
Et lorsque votre cousine venue de la Creuse viendra vous chercher pour vous ramener à table il faudra quand même être à la hauteur pour répondre à sa question : “Fais voir ! qué cé qu’t'écoutes ?”
Yellow Swans : Going Places (Type, 2010)
Keith Fullerton Whitman : Disingenuity (Pan, 2010)
Décidément, je comprends plus rien à l’époque, et c’est sans doute pour ça que je ne réécoute que des vieilleries.
Oui, Darkstar c’est franchement nul ! Et le LP de ce James Blake également. L’autre truc aussi qui semble être apprécié partout c’est Salem, mais c’est vraiment pas possible ce machin, comment on peut s’enthousiasmer pour un objet aussi anecdotique, qui ne supporte même pas la comparaison avec les productions les plus faiblardes de Techno Animal ou de The Third Eye Foundation.
Sans compter cette nouvelle vague soporifique dans le sillage de Oneohthrix Point Never (j’aime bien quelques-unes de ses productions) dont le Returnal sur Editions Mego est estampillé chef d’oeuvre de l’année chez tout le monde (y compris chez l’ancien mag sérieux The Wire) alors que c’est plutôt une daube immonde et qu’une bonne moitié du disque rassemble les pires minutes de la musique électronique/synthétique depuis au moins 40 ans… Mince, la hype rend sourd, c’est donc vrai !!!
On me dit que dans le hip-hop, il y a des choses intéressantes ces temps-ci alors j’écoute un peu mais pas beaucoup. Je tombe sur le LP de Big Boi et je pense qu’on s’est bien foutu de ma gueule parce que je n’entends que pianoteries, minauderies et kitcheries et je suis navré d’entendre ça et je repense à un label comme Definitive Jux parce que j’ai un souvenir assez fabuleux de ce qu’éditait ce label au début de la décennie passée (notamment l’indépassable The Cold Vein de Cannibal Ox, Aesop rock ou encore El-P ; ces gens-là sortaient des disques avec des productions/sonorités réellement futuristes/novatrices). Et je ne parle pas du Tragic Epilogue de Anti Pop Consortium dont je ne me suis jamais lassé.
Ok, j’arrête, je suis trop bavard ce soir et je fais mon vieux con. Je n’en mettrai pas une couche sur l’album de Ariel Pink’s Haunted Graffiti, ou les disques de drone, de noise ou post-Vangelis qui se ressemblent tous… Non pas ce soir…
En 2011, les fans de Darkstar et les chroniqueurs hype d’A Nous Paris devraient adorer ce premier album de James Blake, c’est au moins aussi péniblement pleurnichard !
Y’en aura toujours pour défendre cette “nu-soul post-moderne à la mélancolie bleue” (bâillement !) qui vous diront que c’est chouette que le dubstep s’ouvre à d’autres horizons, que voulez-vous que je vous dise ?!
James Blake (R&S Records, 2011)
En 2005-2006, je n’écoutais quasiment que du dubstep, du coup, je suis passé à côté des sorties drum & bass de Defcom Records, le label fondé par Kryptic Minds et Leon Switch.
Il va falloir rattraper le temps perdu d’urgence car on retrouve exactement ce son froid, minimal et lourd des productions dubstep actuelles de Kryptic Minds, qui font le bonheur des oreilles de mon voisinage, dans leurs tracks drum & bass d’alors.
En 2007, ils ont sorti un album, Lost All Faith, a ranger parmi les meilleurs albums de drum & bass de tous les temps (je sais ! vous allez me dire que les bons albums de drum & bass se comptent sur les doigts de la main !).

Kryptic Minds & Leon Switch : Mind Speed / Subway (Defcom Records, 2006)
Kryptic Minds & Leon Switch : Lost All Faith (Defcom Records, 2007)
- 1 album :
Autechre : Oversteps (Warp Records, 2010)
J’ai hésité avec le Kanye West mais comme j’veux pas qu’on me prenne pour un d’ces mecs à lunettes qui lit quotidiennement Pitchfork sans jamais rien y comprendre…
- 1 maxi :
Kryptic Minds : Follow Me VIP / Rubberman (Osiris Music, 2010)
Le truc le plus phat entendu cette année !
- 1 compilation :
Bangs & Works Vol. 1 (A Chicago Footwork Compilation) (Planet Mu, 2010)
Comme ça je vous aurais bien tanné jusqu’au bout avec le footwork même si vous vous en foutez totale !
Grâce à lui, je commence, aujourd’hui, à comprendre ce que les fans de Santana peuvent ressentir au plus profond de leurs tripes .
Emeralds : Does It Look Like I’m Here ? (Editions Mego, 2010)
Mark McGuire : Living With Yourself (Editions Mego, 2010)
- 1 morceau :
A chaque fois que j’écoute ce track à la maison, je me fous torse poil, je monte sur la table basse Habitat de mon salon et je remue mon cul comme une vraie p’tite pute !
- 1 bd :
Daniel Clowes : Wilson (Cornélius, 2010)
Pour les 6 petites cases de Mère ! “Il se peut que vous n’aimiez pas la mer, mais quand même…”
- 1 roman :
Philip Roth : Indignation (Gallimard, 2010)
Le sexe, la mort, l’amour, l’Amérique, l’adolescence… tout ça en 185 pages, putain !
1 livre de photos10 livres de photos:
Lewis Baltz : Works (Steidl, 2010)
Je ne sais toujours pas où ranger ce coffret !
- 1 film :
Joël & Ethan Coen : A Serious Man
J’avais dit à sa sortie qu’il ne pourrait pas y avoir meilleur film cette année et ben voilà !
- 1 expo :
Anonymes : l’Amérique Sans Nom @ Le Bal, Paris
La librairie à l’entrée a sûrement pesé dans la balance !
Voilà un livre qui devrait plaire à Pornochio, de Disorder in Discipline, qui avait écrit l’an passé un très beau texte (comme d’hab’ mais vu qu’il en écrit un tous les 6 mois c’est un peu la moindre des choses !) sur le livre Endless Night de cette photographe post-Provoke (ne comptez pas sur moi pour vous refaire un bref historique de Provoke !).
Sweet Home Yokosuka reprend d’ailleurs en partie des images de ce livre puisqu’il est une sorte de “revisitation” de ce que l’on considère comme une trilogie comprenant ce Endless Night (1981) donc ainsi que Apartment (1978) et Yokosuka Story (1979).
Ishiuchi Miyako se concentre sur Yokosuka, ville portuaire longtemps “entachée” par une énorme base militaire américaine, où elle a grandi et plus particulièrement sur son architecture décharnée, extérieure comme intérieure. Le Yokosuka de la photographe est baigné dans une mélancolie grisâtre, on a l’impression qu’il y pleut tous les jours et que le vent ronge les murs de la ville.
Encore une fois, l’édition et le design de ce livre, limité à 1000 exemplaires, sont tout particulièrement soignés (couverture avec bandeau et emboitage cartonnée).
Miyako Ishiuchi : Sweet Home Yokosuka, 1976-1980 (PPP Editions, 2010)
Malgré tout plein d’effort, j’ai toujours eu un peu de mal avec Stereolab et je ne crois pas que cet album solo de la grande duduche Laetitia Sadier y changera grand chose.
Constamment partagé entre la naïveté charmeuse et l’agacement épidermique (cet accent anglais savamment travaillé qui en fait une sorte de Birkin inversée) de sa voix, c’est malheureusement le deuxième qui a toujours pris le dessus.
A noter que le plus souvent ça ressemble à du mauvais Rita Mitsouko (surtout les titres chantés en français !), si tant est qu’il y en ait un bon ! Et j’ai pensé ça avant de découvrir que Un Soir, Un Chien était en fait une reprise du duo français !
Laetitia Sadier : The Trip (Drag City, 2010)
Je dois ma passion pour les livres de photos à la découverte quasiment simultanée, il y a une bonne quinzaine d’année, de 4 livres et 4 photographes : Brooklyn Gang de Bruce Davidson, The Bikeriders de Danny Lyon, Tulsa de Larry Clark et Cocaine True, Cocaine Blue d’Eugene Richards. J’vous dis pas le choc !
Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’ Eugene Richards est très nettement sous-estimé. The Blue Room, publié en 2008, est pour moi l’un des meilleurs livres de photos des années 00.
Cette année, ses clichés montrés au printemps à l’expo World Press Photo m’avaient scotché. Il en a tiré ce War is Personal, sous titré A chronicle of the human cost of the Iraq War, qui, du coup, se passe de tout commentaire !
Eugene Richards : War Is Personal (University of Texas Press, 2010)
Mon top 10 aurait pu se composer uniquement des 10 livres du coffret Works de Lewis Baltz chez Steidl mais ça n’aurait pas été beau joueur, vous en conviendrez ! Works sera donc hors compét’ !
De haut en bas et de gauche à droite, voici donc mon top 10, sans ordre de préférence :
- Joan Van Der Keuken : Quatorze Juillet (Van Zoetendaal Publishers, 2010)
- Lee Friedlander : America by Car (Fraenkel Gallery/D.A.P., 2010)
- Sébastien Girard : Desperate Car (Auto-édition, 2010)
- Richard Misrach : Destroy This Memory (Aperture, 2010)
- Ed Templeton : The Second Pass (Seems, 2010)
- Tobias Zielony : Story/No Story (Hatje Cantz, 2010)
- John Gossage : The Pond ( Aperture, 2010)
- Takuma Nakahira : For a Language to Come (Osiris, 2010)
- Yutaka Takanashi : Photography 1965-74 (Only Photography, 2010)
- Todd Hido : A Road Divided ( Nazraeli Press, 2010)
PS : je n’ai pas (encore) mis la main sur For Now de William Eggleston, qui devrait être dispo chez nous courant janvier 2011, ni sur Murmuration de Rinko Kawauchi, tous 2 auraient peut être eu leur place dans ce top 10 !



























































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