Archive mensuelle pour octobre 2010.

Une contrefaçon “made in China” de Toxic, réalisée par l’auteur lui-même !

 

Charles Burns : Johnny 23 (Le Dernier Cri, 2010)

Se mater Amer c’est un peu comme s’enfiler en un seul shoot tous les Gialli transalpins existants !

Hélène Cattet et Bruno Forzani sursaturent leur premier film de codes propre au Giallo, tant dans l’imagerie fétichiste (gants de cuir, rasoir, femme fatale…) que dans l’ultra-stylisation de la mise en scène, jusqu’à l’écoeurement pour aboutir finalement à un résultat fascinant et proche de l’expérimental.

 

Cet exercice de style pourrait être autant indigent qu’indigeste dans sa geste référentielle ( Suspiria, Le Venin de la Peur, L’étrange Vice de Madame Wardh… la liste est trop longue pour être dréssée) mais se révèle étonnamment personnel. Les réalisateurs ont pour cela  fait le choix de laisser de côté toute trame policière pour se concentrer sur 3 instants de la vie de leur héroïne, enfant, adolescente et adulte, où elle doit se confronter à ses peurs toutes liées à la sexualité, sa découverte, son désir naissant et ses fantasmes morbides.  Amer est bien une enquête mais une enquête charnelle sur la psyché d’Anna.

 

Choc rétinien hallucinant, Amer bénéficie en plus d’un énorme travail sur le son pour finir d’en faire une expérience purement sensorielle rare.

 

Pour le soundtrack, les deux réalisateurs ont choisi de rendre hommage à la musique de l’époque en choisissant des titres d’ Ennio Morricone, Bruno Nicolai, Stelvio Cipriani et Adriano Celentano.


Stelvio Cipriani : Polizia Sta A Guardare

 

 

Hélène Cattet & Bruno Forzani : Amer (Wildside, 2010)


Umberto : Widow Of The Web

De la dernière salve de nouveautés chez Not Not Fun, vous vous doutez bien que je ne pouvais pas  passer à côté de cet album qui pue le cinéma bis italien à plein nez, de la pochette Inferno (qui vient enfin d’être édité chez nous grâce à  Wildside, au passsage !) au nom du groupe, Umberto, Umberto qui ? Umberto Lenzi, voyons !

Quant au contenu de la bande son de ce Prophecy of the Black Widow imaginaire, aucune surprise : du Goblin mâtiné de Carpenter ! Du Zombie Zombie en somme !

Totalement anecdotique, j’en conviens mais que voulez-vous ! on ne se refait pas !

 

Umberto : Prophecy of the Black Widow (Not Not Fun Records, 2010)


Larsen & Nurse With Wound : Cob-Kite Toy

Il y a quelques temps je cherchais une porte d’entrée dans la discographie gargantuesque de Nurse With Wound, ce Erroneous: A Selection Of Errors en est une parfaite.

Cet album est sûrement l’un des plus abordable de Steven Stapleton, sa collaboration avec les italiens de Larsen, groupe de rock expérimental (avant-post- rock ou ce que vous voulez !), n’y est surement pas pour rien. Toutefois, rassurez-vous, ce n’est pas encore du Vampire Weekend !

Pour ce disque NWW a écrit un morceau original, Tickey-Boo, en collaboration avec Eberhard Kranemann (aka Fritz Muller), membre fondateur de Kraftwerk et de Neu!, que Larsen a ensuite réinterprété. De leur côté, les italiens ont produit 2 titres, revus et corrigés à leur tour par NWW. L’album se clôt par 2 autres titres de Larsen dont le magnifique Bug Vaudeville.

 

Larsen & Nurse With Wound : Erroneous: A Selection Of Errors (Important Records, 2010)


Sand : Old Loggerhead


Du Coil avant l’heure, 1974, et produit par Klaus Schulze. Tout simplement indispensable !

Ressorti au milieu des années 90 sur United Durtro, le label de Current 93 et Nurse With Wound, Golem était introuvable depuis. Ce trésor caché du krautrock signé Sand vient d’être réédité par Rotorelief. Il  va falloir garder un oeil sur ce label qui a prévu de ressortir une série de disques liés à  Sand, 5 du groupe et 2 autres signés Current 93 et Nurse With Wound

Golem est élu direct “meilleure réédition de 2010 ” !

 

Sand : Golem (Rotorelief, 2010)

 

Frédéric Fleury : La Passion du Bois (United Dead Artists, 2010)

Will Ferrel is back !

 

 

Aaaah !  j’avais vraiment besoin de cette bouffée d’air frais après le pensum tout étriqué de Canet.

Si beaucoup verront Kaboom comme une joussive déconnade, ce qu’il est indéniablement, certains le verront aussi comme le meilleur film de David Lynch depuis… allez, on va être sympa, depuis Lost Highway ! Attention, un Lynch produit par M6, avec son esthétique de téléfilm érotique du dimanche soir et son goût prononcé pour le soap opéra. Une joyeuse déconnade qui cache aussi très bien sa noirceur et son pessimisme.

Et puis Araki reste toujours de très loin le meilleur quand il s’agit d’aborder la question du sexe, le cul dans ce qu’il a de plus simple, de plus beau oserai-je dire en prenant le risque du ridicule. Un risque qu’Araki prend, lui, sans se poser de question.

 


Squarepusher Presents Shobaleader One : Abstract Lover

Mais c’est…mais c’est d’la merde !

 

 

Squarepusher Presents Shobaleader One : D Demonstrator (Warp Records, 2010)

Milano Calibro 9 est un peu Le Deuxième Souffle du polar italien des 70′s.

Le réalisateur, Fernando Di Leo, ne cache d’ailleurs pas son admiration pour Melville qu’il considère comme “son modèle” et  avoue sans problème que “Milan Calibre 9 contient des séquences qui sont presque copiées sur Le Deuxième Souffle“. Il a aussi choisi l’acteur principal, Gastone Moschin, car il est selon lui la parfaite “combinaison de Ralph Meeker (En Quatrième Vitesse) et Lino Ventura“.

Pour la petite l’histoire, l’italien ira jusqu’au bout de sa passion pour le français en lui proposant après la sortie de Milan Calibre 9 (connu aussi sous le titre Le Sang de la Violence) de travailler avec lui sur l’un de ses scénarios, Les Derniers Professionnels. Melville acceptera mais le projet n’aboutira jamais car il tombera gravement malade avant de mourir en 1973.

Pour en revenir à Milan Calibre 9, sorti la même année que Le Parrain, le film de Di Leo délivre une image des gangsters italiens bien loin de celle un poil fantasmée par Coppola. La Mafia idéalisée par Hollywood n’est plus ici, dans cette Italie dite des années de plomb, qu’un simple vestige du passé. Il n’y a plus ni rites ni code de l’honneur, on est déjà entré dans l’air du banditisme moderne, libéral, du chacun pour soi, où peu importe les moyens, seul le résultat compte.

(Voilà un putain de trailer !)

Le polar italien des 70′s est réputé pour sa prédilection pour le Réalisme Social, son sérieux penchant vers un discours d’extrême gauche et son nihilisme : Milan Calibre 9 en est l’un de ses plus beaux représentants.

Par ailleurs, si l’on pourrait s’attendre à ce que ce type de films ait tendance à verser dans un machisme primaire (des histoires de cow-boys modernes et, qui plus est, italiens), détrompez-vous car c’est La femme du film, interprétée par Barbara Bouchet, l’une des égéries du cinéma bis italien (cf La Longue Nuit de l’Exorcisme), qui tient dans cette histoire le meilleur rôle, d’une certaine façon tout du moins.

Enfin, pour une fois, la musique n’est pas signée Morricone mais Luis Bacalov, en collaboration avec le groupe de prog’ rock Osanna.

Sur l’album, la part belle est laissée aux chevelus qui s’en donnent à coeur joie, quitte à ce que la musique qu’ils jouent ne se retrouvent même pas dans le film, et, du coup, on a malheureusement un peu de mal à y démêler les thèmes composés par Luis Bacalov.


Osanna & Luis Bacalov : Preludio

 

 

Richard Yates : Easter Parade (Robert Laffont, 2010)

Suehiro Maruo adapte pour la seconde fois Edogawa Ranpo et dessine le chemin le plus court entre la cruauté et la naïveté.

 

 

Suehiro Maruo & Ranpo Edogawa: La Chenille (Le Lézard Noir, 2010)


John Barry : First Discovery (Main Title)

Intrada a tout récemment édité pour la première fois l’intégralité de ce score signé John Barry (3000 exemplaires aussitôt épuisés !). Considéré comme l’une de ses pièces maitresses, The Deep existait jusqu’alors seulement dans sa première édition, un vinyl sorti à l’époque sur le label Casablanca Records.

Non vous ne rêvez pas, c’est bien le label de Donna Summer qui publia  le disque. Neil Bogart, le boss de Casablanca, désirait en effet s’investir dans la musique de film et, étant pote avec le producteur du film, il réalisa facilement ce souhait.

Pour la sortie de l’album en 1977,  John Barry conçu une suite de 24 minutes regroupant les principaux thèmes écrits pour le film. La face B du LP, quant à elle, était composé d’une version disco du thème principal chanté par Donna Summer (repris en slow et en instru) accompagné d’un morceau original, n’ayant rien à voir avec le soundtrack, signé  Beckett, un artiste de la maison. Le disque sera double platine et se vendra à 2 millions d’exemplaires.

Intrada a eu l’excellente idée de nous gratifier de cet artefact en bonus du score original !


Donna Summer : Down, Deep Inside (Theme From The Deep)

Je n’ai pas encore vu le film, Les Grands Fonds en français, mais il semblerait que cette réalisation de Peter Yates (Bullitt) soit un vrai petit nanar d’aventure, vendu à l’époque comme un film d’horreur pour surfer sur le succès des Dents de la Mer. Son seul véritable attrait reposant semble t-il sur le t-shirt blanc que porte Jacqueline Bisset (élue “la plus belle actrice de tous les temps” par Newsweek à la sortie du film) dans la scène d’ouverture.

Quelques années après, Jacqueline Bisset reviendra sur cette séquence : “After filming The Deep, all they talked about was my tits for the next four years. God, if I was going to do a picture like that, I’d have done it a lot sexier. That looked like two fried eggs on a platter.”

 

John Barry : The Deep (Intrada, 2010)

Rien à faire, il n’y a pas plus craignos, malsain et nihiliste que le cinéma bis italien des 70′s.

La Proie de l’Autostop en est un bon exemple. Réalisé avec 3 francs six sous, le film censé se dérouler en Californie a été tourné, comme les westerns spaghetti, dans une Espagne un peu trop verdoyante pour être crédible. Pasquale Festa Campanile, plutôt habitué à mettre en scène des comédies légères, se lance ici dans une étrange fusion de rape & revenge, de survival et de road movie, le tout en mode décalé.

Ce qui dérange dans le film ce n’est pas la violence  mais plutôt l’ambiguïté des situations (avec en point d’orgue une scène de viol “consenti” quelque peu déstabilisante) et des personnages, tous antipathiques. Si Franco Nero (Le Clint Eastwood du pauvre, ici sosie parfait de Franck Dubosc !), Corinne Cléry(évadée d’Histoire d’O) et David Hess (sorti,lui,  tout droit de La Dernière maison sur la Gauche) sont constamment dans la démesure, leur interprétation n’en apparaît pas moins brillante au final. Pour être franc, c’est peut être un peu moins vrai pour miss Cléry qui comble néanmoins son retard en jouant de sa jolie plastique (c’était la minute misogyne !)

Par ailleurs, le plus surprenant est que le film se révèle d’une improbable finesse et d’une étonnante pertinence lorsqu’il aborde en sous texte des thèmes comme la place de la femme dans le couple ou la guerre des sexes (là, je suis sûr que vous pensez que je me fous de votre gueule, non ?).


Ennio Morricone : Autostop

Enfin, vous ne serez pas surpris si je vous dis qu’Il Maestro Morricone s’est encore une fois chargé de la bande son, une bande son relativement inhabituelle de la part du compositeur. Le soundtrack n’a pas été réédité à ce jour.

PS : pour rappel, si ce n’est pas déjà fait, ajoutez à vos Favoris le blog Disorder in Discipline où j’ai découvert cette pépite !

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